Polichinelle — annuaire politique

Version 1.0

Méthodologie de l’indice Polichinelle de gestion financière

Comment la note est calculée, à partir de quelles données, et ce qu’elle ne dit pas.
Cet indice évalue la situation et la trajectoire financières de la collectivité à partir de données comptables publiques. Il ne mesure pas à lui seul la qualité des services publics rendus ni l'ensemble de l'action politique de la collectivité.

Ce que l’indice mesure, et ce qu’il ne mesure pas

L’indice évalue la situation et la trajectoire financières d’une collectivité, à partir de ses comptes publics. Rien d’autre. Il ne dit rien de la qualité des services rendus, ni de l’opportunité des choix politiques. Une collectivité qui dépense davantage parce qu’elle rend davantage de services n’est pas mal gérée, et l’indice ne prétend pas en juger.

C’est un positionnement relatif, jamais une note absolue. 78 sur 100 signifie « mieux située que 78 % des collectivités comparables », et non « bonne à 78 % ». Changez le groupe de comparaison, la note change : c’est la nature même de la méthode, et c’est pourquoi le groupe est indiqué partout où la note apparaît.

Aucune note n’est produite sans donnée explicable, et aucune donnée n’est affichée sans sa source.

Sources

Toutes les valeurs proviennent de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), qui les constitue à partir des comptes de gestion de la Direction générale des finances publiques. Le périmètre retenu est celui des comptes consolidés : budget principal et budgets annexes, après neutralisation des flux croisés entre eux.

Jeux de données utilisés, par niveau de collectivité
NiveauJeu de données OFGLCollectivitésExercices
Communesofgl-base-communes-consolidee35 3682018 → 2025
Groupements à fiscalité propreofgl-base-gfp-consolidee1 2992018 → 2025
Départementsofgl-base-departements-consolidee1012012 → 2025
Régionsofgl-base-regions-consolidee172012 → 2025

Données importées le 2026-09-02. Les agrégats sont ceux publiés par l’OFGL : aucun n’est recalculé à partir des écritures comptables, et le libellé exact de la source est conservé pour chaque indicateur.

Les quatre dimensions

Autofinancement

35 % de l’indice

Capacité de la collectivité à dégager, sur son fonctionnement courant, de quoi investir et rembourser sa dette sans emprunter davantage.

  • Taux d'épargne brutepoids 25 % · une valeur élevée est favorable

    Épargne brute ÷ Recettes de fonctionnement × 100

    Part des recettes de fonctionnement qui reste disponible une fois les dépenses de fonctionnement payées. L'agrégat « Epargne brute » est celui publié par l'OFGL.

  • Taux d'épargne nettepoids 10 % · une valeur élevée est favorable

    Épargne nette ÷ Recettes de fonctionnement × 100

    Épargne brute diminuée du remboursement en capital de la dette : ce qui reste réellement pour investir. Agrégat « Epargne nette » de l'OFGL.

Endettement

35 % de l’indice

Poids de la dette rapporté à la capacité de remboursement et à la taille budgétaire, plutôt qu'au seul nombre d'habitants.

  • Capacité de désendettementpoids 25 % · une valeur faible est favorable

    Encours de dette ÷ Épargne brute

    Nombre d'années qu'il faudrait à la collectivité pour rembourser toute sa dette si elle y consacrait l'intégralité de son épargne brute.

  • Dette rapportée aux recettespoids 10 % · une valeur faible est favorable

    Encours de dette ÷ Recettes de fonctionnement × 100

    Encours de dette rapporté à la taille budgétaire. Comparer la dette aux recettes plutôt qu'aux habitants évite de pénaliser une collectivité dont les compétences sont larges.

Trajectoire

20 % de l’indice

Sens dans lequel la situation évolue sur trois exercices, comparé à l'évolution des collectivités comparables.

  • Évolution du taux d'épargne brutepoids 10 % · une valeur élevée est favorable

    Taux d'épargne brute (N) − Taux d'épargne brute (N−3), en points

    Amélioration ou dégradation de la capacité d'autofinancement sur trois exercices, exprimée en points de pourcentage.

  • Évolution de la capacité de désendettementpoids 10 % · une valeur faible est favorable

    Capacité de désendettement (N) − Capacité de désendettement (N−3)

    Variation, en années, du délai théorique de remboursement. Une diminution durable est favorable.

Équilibre de fonctionnement

10 % de l’indice

Soutenabilité de la dynamique entre recettes et dépenses de fonctionnement, et non niveau des dépenses.

  • Écart entre évolution des recettes et des dépensespoids 10 % · une valeur élevée est favorable

    Croissance des recettes de fonctionnement sur 3 ans − Croissance des dépenses de fonctionnement sur 3 ans, en points

    Mesure si les dépenses progressent moins vite que les recettes. Il ne s'agit pas de récompenser la baisse des dépenses : une collectivité qui dépense plus parce qu'elle rend plus de services n'est pas mal gérée. L'indicateur regarde la soutenabilité de la dynamique, pas le niveau.

Du chiffre à la note : le rang percentile

Aucun seuil arbitraire n’est employé — pas de « dette supérieure à 1 000 € par habitant = mauvais ». Un tel seuil serait une opinion déguisée en calcul.

Chaque indicateur est converti en rang percentile au sein du groupe de collectivités comparables :

  • valeur élevée favorable : score = percentile × 100
  • valeur faible favorable : score = (1 − percentile) × 100

L’indice global est la moyenne de ces scores, pondérée par les poids ci-dessus, rapportée aux seules pondérations effectivement disponibles. Il totalise 100 points.

Les valeurs aberrantes ne sont ni écartées ni corrigées : un rang est par construction insensible à leur amplitude. Les collectivités à égalité comptent chacune pour moitié dans le rang, sans quoi une valeur très répandue les placerait toutes au même extrême.

Les groupes de comparaison

Une commune de 800 habitants ne se compare pas à Paris. Un groupe réunit donc des collectivités de même nature juridique, de même strate de population — celle définie par l’OFGL —, du même ensemble métropole ou outre-mer, et calculées sur le même périmètre comptable.

Si le groupe n’atteint pas l’effectif minimal, il est élargi par étapes : d’abord aux strates de population voisines, puis à la catégorie entière. Chaque élargissement est enregistré et annoncé sur la page de la collectivité concernée.

  • Communes : 30 collectivités au minimum
  • Groupements à fiscalité propre : 20, et jamais entre catégories différentes
  • Départements : 20
  • Régions : dix-sept collectivités seulement. Le rang y est donné brut — « 5e sur 14 » — sans prétendre à une précision statistique que l’effectif ne permet pas.

Données manquantes et cas particuliers

Une absence de donnée reste une absence. Aucune valeur n’est estimée, extrapolée ni remplacée par zéro. Un indicateur indisponible sort du calcul et réduit la couverture.

Une note n’est publiée que si 75 % des pondérations sont disponibles, et qu’au moins un indicateur d’autofinancement et un indicateur d’endettement le sont. Sinon, la page affiche « données insuffisantes » plutôt qu’une note fragile qui ressemblerait aux autres.

Épargne brute nulle ou négative
La capacité de désendettement n’a alors pas de sens mathématique : la division échoue, ou produit un nombre d’années négatif qui se lirait comme excellent. Le score le plus défavorable s’applique, et le motif est affiché.
Collectivité sans équivalent
La Ville de Paris, la Métropole de Lyon, la collectivité de Corse et les collectivités territoriales uniques de Guyane et Martinique exercent des compétences sans pendant. Leurs comptes sont complets, mais aucun groupe comparable n’existe : aucune note n’est publiée, et leurs données restent consultables.
Changement de périmètre
Fusion de communes, fusion d’intercommunalités, création d’une commune nouvelle : une évolution sur trois ans n’est calculée que si les exercices comparés existent tous deux pour la même entité.
Dernier exercice disponible
Il est déterminé sur les données, jamais codé en dur, et collectivité par collectivité : une collectivité absente de la dernière publication est évaluée sur son propre dernier exercice, indiqué sur sa page.

Qualificatifs

Les libellés décrivent une position relative au groupe comparable, jamais une personne ni une politique. On évalue des données financières, pas des gestionnaires.

  • 90100Situation financière parmi les plus solides
  • 7589Situation financière solide
  • 6074Situation plutôt favorable
  • 4059Situation intermédiaire
  • 2539Situation fragile
  • 024Situation parmi les plus fragiles

Indicateurs affichés mais non notés

Ces montants figurent sur chaque fiche, et n’entrent volontairement pas dans la note : leur niveau dépend des compétences exercées et des choix de politique publique. Un niveau élevé de personnel, de fiscalité ou d’investissement n’est ni bon ni mauvais en soi, et le noter serait une prise de position.

  • Frais de personnel
  • Dépenses d'équipement
  • Dépenses d'investissement
  • Impôts locaux
  • Dotation globale de fonctionnement
  • Annuité de la dette
  • Capacité ou besoin de financement
  • Recettes totales
  • Dépenses totales

Historique des versions

Version 1.0
Première version. Quatre dimensions, sept indicateurs, comptes consolidés, percentiles au sein de groupes de collectivités comparables. Volontairement prudente : elle ne retient que des indicateurs dont la lecture financière fait consensus.

Chaque note enregistrée porte la version de la méthode qui l’a produite. Si les pondérations changent, une note ancienne reste explicable.

Voir aussi la page des sources pour l’ensemble des données du site.